DANS LES ECOUTEURS…

Team Emmanuel Moire

Des chansons, des albums, des Artistes que nous aimons suivre et vous faire découvrir mais aussi des chansons, des albums, des Artistes qu’ Emmanuel Moire écoute ou soutient sur ses réseaux sociaux.

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A la Rencontre d’UssaR…

Auteur, compositeur, interprète, arrangeur, musicien, UssaR a sorti son premier EP le 16 juillet dernier. Ce disque est né de toutes ses influences musicales entre la chanson française à texte, l’urbain et la synth pop et de ses différentes collaborations avec Youssoupha, Kery James, Charlelie Couture, entre autres. Son nom est un clin d’oeil au « Hussard sur le toit » de Jean Giono et aussi à quelque chose de très intime, un soldat intérieur qui mène sa propre guerre des sentiments. Sa voix envoutante, grave, troublante, posée entre parlé et chanté sur son instrument de prédilection, le piano, qui est très présent dans tout l’EP.

Pour EM Famille, UssaR a très spontanément accepté de répondre à quelques questions:

– Partons à la découverte des 6 titres de ton EP, le ton est donné avec « LOIN » , un titre sombre, teinté de piano, de synthés, de boucles, d’un beat pesant et « agressif » et de cordes très expressives, finalement une carte de visite de ton univers hybride entre chanson et rap urbain?

Loin, c’est une ballade sur l’échangeur porte de Bagnolet à 2h du mat, si le morceau a ces influences chanson, rap, abstract et électronique c’est que nos vies urbaines ressemblent à ça, il me semble.

– Je crois savoir que ce titre a été écrit pendant le confinement et ton texte et la musique qui font corps, traduisent bien la sensation de vide, de solitude, d’enfermement à Paris, de routine et cette envie d’ailleurs: « ici j’étouffe dans ce décor, … , encore, encore, ça pue le vide, loin, loin, loin, ici les scores sont restés nuls… »

Finalement ce confinement a été propice à l’inspiration pour toi malgré la privation évidente de liberté?

le confinement a été très compliqué pour nous tous. A titre personnel, j’en ai profité pour poser ma voix un peu plus, la descendre, la maitriser. Cependant, j’ai tendance à penser qu’il faut vivre des choses pour écrire et imaginer. Cette immobilité forcée a été complexe à gérer pour l’inspiration. J’écris souvent dans le mouvement, sur la route ou en marchant. LOIN est aussi un constat d’impuissance face à ce manque d’inspiration : “ ça pue le vide ..“ 

– Ecris-tu la musique à partir d’un texte ou le texte d’abord avec une base rythmique ou un beat?

– Je n’ai pas de recette ni de process pré défini clairement. Parfois une phrase, une accroche me tourne dans la tête et je mets ça en musique au piano. Parfois un beat, une texture de synths ou de sample me donnent des couleurs et des ambiances sur lesquelles je dois écrire. C’est alors quelque chose de très cinématographique. Je vois le film, avec ses personnages et ses décors, je dois le décrire.

– Le fait d’avoir travaillé avec de grands MC comme Youssoupha et Kery James en tant que producteur, musicien ou arrangeur t-a t-il donné l’envie, le déclic pour t’exprimer à travers des mots par la suite? très jeune tu avais déjà comme instrument le piano… aimais-tu à l’époque t’exprimer à travers l’écriture?

j’ai surtout travaillé avec Kery, depuis son premier Bercy 2013. Kery est une école à lui tout seul. Le fond, la forme, l’amour du texte et de son incarnation puissante. Ca donne une simple mais essentielle leçon : rien ne doit être anodin. Même dans la légèreté d’un texte ou d’une mélodie, rien ne doit être gratuit. J’ai commencé à écrire jeune, mais étrangement, c’était une activité très cloisonnée avec le piano. J’écrivais des textes, des poésies avec des formats plutôt classiques. Mais écrire c’est déjà un peu composer de la musique il me semble. 

–  Avec « LA VIOLENCE » tu nous entraines dans un morceau tribal et entêtant, une sorte de vision métaphorique de la violence, de la colère qui se trouve partout autour de nous, et aussi la révolte que l’on peut ressentir au plus profond de nous. La voix de Léonie Pernet vient en superposition de ta voix pour mettre en relief, en raisonnance certains mots clés du texte: « plantée sur mon palier, la violence, la violence ne demande qu’à entrer, impatience, impatience si belle et maquillée d’innocence, je la matte fasciné, et elle danse, et elle danse.  Peux tu développer un peu ?

la violence c’est un « constat amer » (désolé Kery). Pour moi, c’est un modeste écho au poème Destruction de Baudelaire : “ sans cesse à mes cotés s’agite le démon,il nage autour de moi comme un air impalpable, je l’avale et le sens qui brule mon poumon et l’emplit d’un désir éternel et coupable (…)”Notre rapport de fascination à la Violence et  ces images dont on est abreuvé bien que parfois nécessaires teintent nos vies jusque dans nos rapport amoureux. Je ne voulais pas qu’on puisse “genrer” celle ci. Elle n’appartient  exclusivement à aucun sexe. C’était très important pour moi que cela soit une voix double,  féminin / masculin qui chante ce texte.

– « Dehors », une histoire vraie ou imaginaire d’un amour qui se meurt, quand l’un s’éloigne de l’autre en silence? Finalement c’est un thème universel que chacune ou chacun d’entre nous peut s’approprier? C’est un titre vraiment très touchant, ressenti comme un souffle musical poétique et doux malgré la douleur que l’on peut ressentir après une rupture, surtout pour celle ou celui qui reste…  « Dors, dehors les gens parlent tout bas, Trésor je sors dehors, surtout ne m’attends pas. J’ai besoin de vivre loin de toi, j’ai besoin de vivre loin… J’y pense encore mais dehors ton odeur s’effacera… « 


j’ai écrit et composé Dehors en une journée, comme une évidence. J’avais besoin de cette douceur et de cette apaisement. Même dans la rupture, la bienveillance et la tendresse ne disparaissent pas toujours. Je pense par exemple à la « chanson d’Hélène “ qui porte aussi ce sentiment, une sorte de résignation tendre face à la perte de l’autre. Le texte décrit aussi l’ambivalence des sentiments. Entre être “ dehors » et être “dedans” entre “ remonter les draps” et “remonter” ces escaliers. 

– « Pensées Rocher », peux tu me parler un peu de ce titre, du texte, de ces parallèles et de ces allusions « second degré » au carré de chocolat (Rocher) et de ce petit Poucet sans zig zag?

j’aime bien garder un certain mystère sur ce morceau. Il a une thématique assez précise dans ma tête et je laisse à chacun le soin de l’envisager. Mais sur le plan de l’écriture même, il y a un jeu avec “ l’écriture automatique” des surréalistes. Se bousculent beaucoup d’images sur la mer (les rochers, les vagues, la mousse, etc … ), les contes ( le petit poucet, Hansel et Graetel pour la « maison sucrée », etc.. et les métaux et pierres précieuses (or, métal , opal etc. ). Cette confusion fait corps avec l’état du narrateur.

– « Antilles Normandie » , tu nous invites dans une rêverie entre la mer des Caraïbes, la Manche et l’Océan Atlantique? Une envie d’évasion au soleil? un clin d’œil à ta Normandie natale? « Il parait qu’ à Fort de France les orages sont en avancent, que les mers se couvrent de gris, que les oiseaux sont surpris, Moi je passe mon dimanche sur une plage de la Manche où y’a que les mouettes qui rient à contre-cœur sous la pluie. A Antilles Normandie, cidre, cyclone, parapluie, A Antilles Normandie, rêve de soleil infini… Moi je l’aime mon errance sous les nuages de mon enfance, aux souvenirs se mêlent l’oubli, comme une carte que l’on replie… »

c’est surement le morceau le plus pop de l’EP. C’est voulu car c’est effectivement une référence à mon enfance et à ses rêveries. on est entre les brumes normandes et les rythmes maloyas. L’improbable mélange m’amuse beaucoup… comme un môme ;).

– « 6 Milliards » est ma chanson coup de cœur, des mots simples pour cette chanson d’amour très touchante… « On est six milliards sur la terre et je ne pense qu’à toi, mon amour, la lumière suit le bruit de tes pas, mon corps est un enfer si il ne t’abrite pas, et les femmes m’indiffèrent jusque sous mes draps… » Comment est né ce titre? 

6 milliards est un titre auquel je tiens beaucoup. Il est né sur le piano de mon appart de manière très limpide et simple ( dans un premier temps ). J’ai tout de suite eu cette phrase “ on est 6 milliards sur la terre et je ne pense qu’a toi”. Il m’a fallu du temps pour écrire le troisième couplet, plus apaisé, porteur d’espoir.  On a tous ressenti ça, parfois, on continue de vivre ça des années. Le titre porte aussi un rapport au Sacré  (la foi, l’enfer, la lumière, le Pater etc… ). De ces religions personnelles qu’on érige parfois à l’autre. 

– Quel est ton regard sur le monde d’aujourd’hui?

comme beaucoup, très pessimiste, très préoccupant. Nos sociétés s’enfoncent dans un nombrilisme et un règne de l’opinion difficilement compatible avec les grands enjeux sociaux et écologiques que notre temps doit affronter.

– Quels sont les thèmes que tu aimerais aborder ?

– je pense qu’on ne parle souvent bien que de soi. Aussi, en touchant à l’intime, et à sa sincérité on parvient parfois à faire écho chez les autres. Parler d’Amour beaucoup encore je pense.

– Avant cet EP il y a eu le projet Yachting Club, ton tout premier projet solo? pourrais-tu nous en parler ainsi que des titres qui en faisaient partie?

(Les titres sont disponibles sur Spotify et Soundcloud)

https://soundcloud.com/yxchtxng-clxb

Ce projet porte beaucoup de ce que UssaR est. Beaucoup de travail sur les boucles, les textures et l’amour des mélodies, des thèmes. J’en suis très fier et l’écoute régulièrement. C’est aussi ma première collaboration avec Arthur Simonini qui a arrangé et joué les cordes sur L’EP de UssaR.

Le titre « Bidon Vie » est né comment?

– Comme beaucoup d’autres au piano, c’est un regard désabusé mais sans jugement sur ces personnes qu’on croise dans le métro au supermarché. Ce sont des croquis, une galerie de personnage.

– Un premier album est il prévu? tu mérites d’être très vite signé par un label… Je croise les doigts pour toi.

 L’album ce n’est pas pour tout de suite je pense, mais de nouveaux morceaux, ça c’est certain, ils sont là et ils n’attendent que le moment propice.

– Un concert à Toulouse ou dans la région sud ouest est il prévu? Nous avons de très belles salles à échelle humaine ici aussi…

 très vite retrouver la scène j’espère, c’est là ou je me sens le mieux depuis toujours, cette période de disette est complexe pour nous tous.

Hâte de découvrir UssaR en live, Qu’as-tu envie de proposer sur scène au niveau habillage visuel de tes chansons?

– Je suis seul sur scène. J’espère pouvoir proposer le plus beau concert possible même assis, même masqué. L’idée sera d’emmener le public dans cet univers singulier que j’imagine, entre ville et mer, entre les ors et le béton. Beaucoup reste à construire mais je suis assez perfectionniste, je proposerai quelque chose qui me correspond

– Si tu avais quelques chansons françaises à revisiter lesquelles choisirais-tu?

– J’ai un grand amour et respect pour Renaud, j’aime beaucoup jouer « Mimi l’ennui », peut être un jour sur scène.

– Quels sont les Artistes européens et anglophones qui te font vibrer ?

– La liste est très longue, aussi si je dois me limiter à des artistes récents ou actifs je citerais :- Aphex Twin pour son incroyable liberté et créativité – James Blake pour la mélancolie et son coté hybride.- Billie Eillish .. parce que bon.. c’est tellement bien et imparable – Flying Lotus est une source d’inspiration constante pour moi- Flavien Berger, la sensibilité et le « home made “- Damso, l’homme a une science mélodique incroyable et un univers unique qu’il contre balance d’un morceau à l’autre. Y’en a beaucoup beaucoup d’autres mais on va faire court.  

Je te remercie infiniment d’avoir accepté de partager ce moment avec moi, j’espère pouvoir te croiser sur la route de la musique et ainsi te découvrir en live.

Merci beaucoup pour ton écoute attentive et tes questions pertinentes. j’espère à très vite !

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Taylor Swift

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En Piste avec BENJAMIN BIOLAY

Le neuvième album solo de Benjamin Biolay est sorti hier vendredi 26 juin…

Grand Prix marque son retour trois ans après Volver, deuxième volet de ses aventures argentines. Un retour dans le circuit qu’il ne faut pas manquer.

Benjamin Biolay s’est souvenu des disques de pop anglaise qui ont rythmé ses années d’adolescence. Alors que son cousin animait une émission de radio dans la région lyonnaise, le jeune homme était tombé sous le charme des Smiths, Happy Mondays et autres groupes de Manchester. Une influence revendiquée sur Grand Prix, dont les guitares acérées et les synthés analogiques propulsent ses compositions up-tempo vers les sommets. «ll y a un truc neurasthénique dans la musique d’aujourd’hui en France, et j’avais envie d’aller carrément sur l’autre rive», explique-t-il.

Chanteur par défaut, il rêvait d’être auteur-compositeur pour d’autres interprètes. Benjamin Biolay chante avec de plus en plus de bonheur. Sa voix n’a jamais aussi bien sonné que sur les chansons de Grand Prix, abordant un registre plus enlevé. À rebours des murmures de ses premiers albums, Benjamin Biolay s’est métamorphosé en un vocaliste séduisant et convaincant, ce qui fait aussi le sel de son nouvel album. Il s’agit de son disque le plus personnel.

S’il apparaît sous les dehors d’un concept album autour de la course automobile, Grand Prix dresse des parallèles entre les destins des pilotes et la vie du chanteur. Comme eux, Benjamin Biolay a sacrifié sa vie à son art. Perte de l’être aimé, affres de la paternité, mélancolie tenace face au temps qui passe lui ont soufflé ses plus belles chansons à ce jour. Ma route, à la tonalité très autobiographique, évoque In My Life, écrite par Lennon pour les Beatles. Un futur classique de la chanson française. L’avenir le dira…

Rendez-vous sur la route…

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Irma

Nouvel Album d’Irma « The Dawn » disponible depuis le 28 Février 2020

The Dawn

The Dawn. « L’Aube ». L’heure de la renaissance est venue pour Irma, 31 ans, née à Douala et Parisienne d’adoption, chanteuse et citoyenne du monde tel qu’il est aujourd’hui… mais aussi tel qu’on le rêverait.

On l’a découverte au tout début des années 2000 grâce à un label qui bouleversait alors la donne de l’industrie de la musique, My Major Company. Dans la foulée, Google avait choisi son morceau « I Know » pour sa campagne publicitaire. De quoi cartonner, et ça a été le cas. De quoi se poser des questions, également…

Revenons aux sources d’Irma Pany, au Cameroun. Ses parents sont des scientifiques mélomanes. Irma grandit en écoutant Ella Fitzgerald, Otis Redding, Bill Withers, Sarah Vaughan, Miles Davis, la musique traditionnelle camerounaise et des artistes comme Richard Bona… La pauvreté, la précarité, elle la voit et la ressent fort, tout comme elle comprend que le continent africain soit sous représenté dans le monde. « Très tôt, j’ai eu l’impression qu’en vivant à Douala, je faisais partie de ce ceux qu’on ne voyait pas. » La musique lui sert d’exutoire. A 7 ans, elle commence le solfège et le piano avec une professeure russe très rigoureuse. A 11 ans, elle pique la guitare de son père et se lance dans l’écriture de chansons, tous les jours, compulsivement.

A 15 ans, Irma débarque à Paris avec ses sœurs, dont sa jumelle, et se retrouve dans un lycée privé, strict et religieux. La violence du choc thermique et social développe son refus de courber l’échine. Le bac, elle le décroche avec mention Très Bien, enchaîne une prépa et une prestigieuse école de commerce – par respect pour l’investissement de ses parents, pour son propre désir d’obtenir un diplôme. Mais Irma est obsédée par la musique. En 2008, ses vidéos postées sur Youtube sont remarquées par My Major Company. On connait la suite, l’engouement général, le premier album, Letter to the World (2011) couronné par le public comme par la critique. Trois ans plus tard, elle enregistre Faces. Mais quelque chose ne tourne pas rond : « Je sens un manque de liberté : ne pas faire ce dont j’avais envie, ne pas travailler avec qui je veux, respecter des délais qui ne me conviennent pas… » S’ensuit une période de doutes, tant artistiques qu’existentiels.

C’est à Lyon, où elle s’exile pendant deux ans, qu’Irma reprend pied. Entourée d’instruments, elle écrit, compose, apprend à mixer et produire ses propres morceaux, redécouvre sa voix lors de cours de chants. Elle devient « artiste-entrepreneur », constituant sa propre équipe de collaborateurs. « Jusqu’ici, je ne m’étais jamais trouvée dans les codes de la féminité, on me traitait de garçon manqué car je voulais être forte et ambitieuse. J’ai enfin réalisé que c’était une qualité et non un défaut, qu’il y avait autant de beautés possibles que d’intelligence. »

Cette pluralité s’impose dès la première écoute du troisième album d’Irma, The Dawn. Mixé à Londres par Rhys Downing (Mark Ronson, Brett Anderson, Hollysiz…), il a été produit par la chanteuse, qui y réunit tout ce qu’elle aime, usant de synthétiseurs, boîtes à rythmes, guitare acoustique. On y entend du R’n’B, de la pop, du blues du folk, de la soul. Un méli-mélo qu’elle qualifie d’« afropop », où dialoguent plusieurs continents et moult influences, de Lauryn Hill à James Blake via Michael Jackson. Entre le dancefloor partagé en bande (« Golden Glow », « Dusk to Dawn ») ou la mélancolie intime dévoilée (« Eye on you », « Will I ever »), The Dawn affirme la personnalité d’une artiste qui a décidé de s’affirmer telle qu’elle était, en pleine mutation. Une femme puissante naît devant nous, elle s’appelle Irma et on ne va plus pouvoir se passer d’elle.

The Dawn, track by track

The Dawn : c’est l’affirmation de ce qu’on est… il a donné son nom à l’album car il synthétise tout ce qui s’y trouve, l’organique comme le synthétique.

Shivers : le manifeste de l’album ! Qu’on me laisse être, qu’on me laisse respirer – cela peut s’adresser à un label comme à celui ou celle qui partage notre vie.

Venom of Angels : l’histoire d’une passion d’une nuit, ce que les femmes ne racontent pas assez souvent. Il faut se réapproprier notre sexualité !

Nobody’s Fault But Mine : on y entend la solitude, le manque… Je sais que je peux mettre des barrières entre les autres et moi, mais je me soigne !

Black Sun : un folk protestataire, et assez colérique. J’ai toujours été très concernée par les injustices et ce qui se passe dans la planète, et je ne suis pas la seule…

Ostra Vez : c’est l’espoir chanté sur des rythmes bossa, entre anglais et espagnol, une langue qui m’a toujours émue.

Dusk to Dawn : je l’ai écrite pour mon cousin, qui a souffert toute sa vie de ne pouvoir exprimer son homosexualité, encore punie par la loi au Cameroun. Cette chanson est pour tous ceux qui doivent se cacher.

Golden Glow : un hommage sonore à Michael Jackson, qui évoque l’énergie fédératrice de la nature.

Heaven in the Dark : une ballade qui revient sur mes racines, mes ressentis

Eye on You : je parle à une amie qui a connu la dépression. On peut se sentir impuissant face au mal-être de ses proches, mais je tenais à lui dire que je suis là.

Will I Ever : ce titre revient sur toutes ces années où je me regardais dans le miroir en me demandant si j’allais m’aimer, accepter mes cheveux afro, ma couleur de peau… Je prône le refus des injonctions !

Fightrope : Comment trouver son équilibre sur le fil du rasoir ? Je me suis amusée à expérimenter le R’n’B comme les sonorités synthétiques… Une conclusion idéale à ce nouveau disque qui sera suivi d’une grande tournée dès que possible vu le contexte de confinement actuel.

Copyright Elliot Aubin