Emmanuel Moire

Interview avec FREDERIC ZEITOUN

Avec « Le chemin »,  Emmanuel Moire avait emprunté celui du retour à la vie.
Avec « La rencontre » il va à celle du bonheur.
Oui, oui, le bonheur.
L’artiste pudique a beau tenté de prendre la clef des champs ou se cacher derrière les mots magiques de son auteur Yann Guillon, il n’en demeure pas moins qu’à l’écoute de ce nouvel opus on se sent heureux, ému… et témoin privilégié d’une rencontre amoureuse.
De l’attirance et ses premiers émois à la peur de l’usure du temps, toutes les saisons du cœur sont déclinées.
Après la perte d’une partie de lui-même, le manque et son cortège de chagrins, l’artiste revient de loin.
Tout étonné d’être encore debout,  il a la richesse de ceux qui ont tout perdu.
Cette « rencontre » nouvelle avec Emmanuel Moire est un enchantement et certainement l’album de la résilience.

FZ : Emmanuel bonjour et bienvenue ! La Rencontre, c’est votre 4è album. Si le précédent album était celui de la sortie du tumulte, de la tempête, on a l’impression que ce 4è album est celui du bonheur, du bonheur qu’on accueille, du bonheur qu’on a décidé d’accueillir, c’est ça ?

EM : Oui c’est ça. Sur le précédent, il y avait les prémices : c’était l’histoire d’un mec qui s’est écroulé et qui a fait le choix de retrouver la lumière. C’était une direction, il fallait y aller. La reconstruction, une renaissance. Celui-ci c’est l’aboutissement de tout ça.

FZ : on sent un souffle de vie, une envie d’être heureux, une envie de le dire, une envie de s’ouvrir à l’autre, une envie de lui dire tu as bien fait de faire ce chemin. On vous sent prêt, enfin, à accueillir à nouveau le bonheur

EM : Exactement, c’est un état d’esprit que je ressens profondément et dans ma manière de travailler, j’ai du mal à créer des histoires qui ne m’appartiennent pas ou de chercher des choses qui n’existent pas.

FZ : c’est donc très autobiographique ?

EM : oui, même s’il est plus ouvert sur les autres.
Quand des choses se sont terminées il y a d’autres choses qui commencent : c’est aussi ça la thématique de cet album. Y’a quelque chose du domaine de la relation avec les gens, c’est un album qui parle de plein de rencontres possibles, à plein de niveau. C’est l’importance des uns avec les autres, comment on se comporte les uns avec les autres. Pour moi ça c’est très important

FZ : l’humain pour toi, on a l’impression que c’est ta colonne vertébrale, c’est ça qui te fait « artiste »

EM :. J’attache beaucoup d’importance au talent des gens qui travaillent avec moi mais aussi à la leur manière d’être, de se comporter les uns avec les autres. C’est tout bête mais ça passe par des valeurs comme le respect, le partage, l’écoute. C’est de faire les choses ensemble. Autour de nous il y a un monde avec des gens qui n’ont pas la même logique que nous. A partir du moment où on communique et on essaye de prendre l’autre en considération ça se passe toujours mieux.

FZ : vous avez conscience que c’est rare d’entendre un artiste dire cela ? Généralement on leur pardonne même d’être dans leur bulle égocentrée. C’est rare d’entendre un artiste dire que l’important c’est l’autre et le vivre ensemble et que c’est dans cet encre là qu’il va mettre sa plume ?

EM : j’ai l’impression qu’on s’éloigne de cette description avec le temps. Même le public n’est pas forcément avide de cela ou de starification. J’aime la sincérité, je n’aime pas trop l’artifice, ce ne sont pas mes codes. Par rapport à ce qui se passe avec le public par exemple, c’est plus fort de se montrer tel que l’on est et de considérer les autres. C’est primordial pour moi. Tout simplement parce que dans ma vie, dans mon parcours de vie, si je n’avais pas eu les autres, ma famille, mes amis, l’amour des gens qui m’ont porté vers le haut, je ne serai plus là. J’en suis bien conscient, et je me dois de renvoyer la balle. Et je me sens comme cela, j’ai été élevé comme ça et je suis content que ça soit toujours bien présent chez moi.

FZ : avant de parler du fond, sur la forme, ce qui m’a très agréablement surpris , c’est la facture extrêmement classique, grande variété dans le sens le plus noble du terme de votre production Je pense que Serge Lama ou Charles Aznavour auraient pu produire un album comme ça.

EM : Je suis un chanteur de chanson française, j’ai été bercé par la chanson française même si j’ai eu d’autres influences par la suite, j’aime ça et je l’accepte et je me dis que si j’ai envie de faire ça j’essaie de la faire bien.

FZ : y’a pas de concessions.

EM : non
y’a pas de concessions et surtout le plus important pour moi c’est que la chanson parle de quelque chose, qu’elle soit au bon endroit, qu’elle me touche, que c’est vraiment comme cela que j’ai envie de m’exprimer sur le sujet, qu’il y ait une adéquation entre la musique et le texte, les arrangements, où tout est au service de qu’est-ce qu’on raconte dans cette chanson. C’est tout ce qui je me suis posée comme question, c’est d’être toujours en accord avec le propos de la chanson. J’ai fait très attention à cela pour être toujours connecté au propos.

FZ : non seulement connecté au propos mais aussi à ce que tu revendiques c’est-à-dire une grande tradition de la chanson française. Y’a pas de concessions à l’urbain par exemple

EM : Y’a plein de chose que j’aime dans l’urbain, j’ai plein d’influences. Après je ne me suis pas posé 36 milliards de questions en faisant cet album : je voulais faire des chansons qui me touchent, qui nous touchent Yann et moi (ndlr : Yann Guillon l’auteur de tous les textes de l’album) au moment de la création. Nous avions déjà travaillé ainsi sur l’album précédent Le Chemin et ça a touché le public donc je me suis dit après tout il n’y a rien à faire d’autre, et sans revendiquer ou prouver quoique ce soit. En fait je suis humble dans ce travail là : rester connecté dans le travail et faire les chansons comme elles doivent se faire. Et après, on verra…

FZ : s’il y’en a un avec lequel tu es vraiment connecté et cette rencontre en est même troublante, c’est Yann Guillon qui signe tous les textes de l’album. On a vraiment l’impression à l’écoute de cet album que c’est une seule et même personne qui compose et écrit. Qui est-il et comment vous êtes-vous rencontré ?

EM : Notre grande force à Yann et moi c’est qu’on se connait depuis très longtemps. Ça doit faire une quinzaine d’années. Nous nous sommes rencontrés aux rencontres d’Astaffort, un stage d’auteur-compositeur-interprète organisé par l’association Voix du Sud présidée par Francis Cabrel. Le but est de faire des chansons pendant 10 jours avec des ateliers et un concert de clôture. La rencontre était comme une évidence, nous sommes devenus amis très vite. On a commencé à travailler ensemble. Sa façon d’écrire me touchait, sa simplicité, et aussi sa culture très large dans différents domaines comme le cinéma, les romans. C’est quelqu’un qui est toujours connecté au propos, il attache de l’importance à sa mise en scène, que ça ne soit jamais gratuit. C’est très réfléchi dans notre travail. Pour moi les notes de musique viennent se glisser sous des mots, ça doit être en accord et c’est assez intéressant d’être focalisé sur l’harmonie totale entre une musique et un texte et après celui qui va l’interpréter.
Au fur et à mesure des années, ça fait 4 disques que nous faisons ensemble, cette relation évolue et nous gagnons en maturité. Quand on travaille tous les deux, nous ne sommes en effet qu’une seule personne.

FZ : ça vous ennuierait qu’il prête sa plume à d’autres ?

EM : j’aime cette relation avec Yann parce qu’elle est très particulière. Je n’empêche pas du tout Yann de travailler par ailleurs, mais je crois que c’est la même chose chez lui… Il aime ce travail avec moi et n’est pas forcément avide de travailler avec d’autres.

FZ : il le prendrait mal si tu ouvrais la porte à d’autres auteurs ?

EM : ce n’est pas évident, on a une relation très exclusive, une relation qui est rare. Même quand je travaille pour d’autres, nous le faisons ensemble. On est un binôme en fait, c’est une vraie chance de l’avoir rencontré. Il est devenu un grand ami et nous partageons beaucoup de moments de vie ensemble, on se nourrit de ça.
Yann une vision spirituelle de la vie, c’est qqn qui est sans cesse en évolution, sans cesse attiré par le fait d’être mieux, de s’épanouir. Et moi j’aime cette façon de voir la vie. Donc du coup on se tire mutuellement vers le haut et dans notre travail on a toujours envie d’aller plus loin. Et je suis très heureux de cette relation parce que la qualité de mon travail, c’est sans prétention, c’est évidemment la sienne aussi.

FZ : sans employer de grands mots à tort et à travers, est-ce qu’on peut dire que c’est l’album de la résilience ?

EM : oui je crois. Le précédent c’était des envies d’arriver à cet état, où tu respires à nouveau, avec cette lumière dans les yeux, te sentir vivant, tu sens que ton corps et ta tête ça y’est est passé à autre chose, enfin tu renais d’une autre manière et reprends gout à la vie, vraiment. Tu prends la valeur des choses, tu te réjouis des choses toutes connes parfois, de ressentir que tout ça est revenu et que fonctionne, même si c’est d’une autre manière. Cet album-là est rempli de tout ça, c’est un état, pas un état que je recherche contrairement au Chemin mais c’est un état dans lequel je vis.

BIOGRAPHIE OFFICIELLE

« Je peux seulement te dire / Qu’il m‘a fallu la peur / Pour être rassuré / Que j’ai connu la douleur / Avant d’être consolé / Qu’il m’a fallu les pleurs / Pour ne plus rien cacher… »

Dans « Beau malheur », le premier extrait de son nouvel album, Emmanuel Moire annonce la couleur : si ces dernières années ont été difficiles, une nouvelle vie a commencé. Un nouveau souffle, l’énergie retrouvée.

C’est de cela dont nous parle justement le bien nommé « Le Chemin » : des douleurs du passé et du bonheur enfin revenu. Le tout en douze titres (quinze pour l’édition limitée), et trois étapes traçant nettement la route.

Tout commence dans l’émotion de « La vie ailleurs » qui dresse le bilan symphonique, mitigé mais plein d‘espoir, des années passées. A mi-temps, « Ici ailleurs » marque le passage vers les moments heureux. Enfin, « La Vie ici » conclut l’opus en affichant clairement le renouveau. Comme une parenthèse qui se referme, une boucle qui… se boucle ! « Je n’aurais pas pu faire un autre album, confie le chanteur. Il devait s’appeler comme ça, être fait de ces chansons, s’articuler de cette façon. Il m’était absolument nécessaire. Pour mettre un point final aux années douloureuses. Pour passer à autre chose ».

Depuis qu‘on l’a découvert il y a neuf ans en magnifique Roi Soleil dans la comédie musicale du même nom, Emmanuel Moire aura décidément tout connu, de l’ivresse des sommets jusqu’à ces profondeurs qui composent hélas une vie. Un premier album sorti en 2006, (« Là où je pars »), la disparition brutale de son frère jumeau à qui il consacre le titre « Sois tranquille » sur son deuxième opus (« L’Equilibre ») en 2009. Puis un long, un très long tunnel… Des coups durs en rafale. Des déceptions. « A cette époque, tout est devenu compliqué. Rien ne fonctionnait comme je l’aurais voulu. Bien sûr, ça n’a pas été évident ; la vie s’est chargée de me faire comprendre que mieux valait passer à autre chose plutôt que de m’acharner !  ».

Heureusement, cette vie-là réserve aussi de jolies surprises. En 2011, Emmanuel Moire – alors en pleine remise en question – est invité à rejoindre le musical « Cabaret », de retour au Théâtre Marigny, puis en tournée dans toute France. Il y reprend le rôle principal, celui du mythique Emcee, le maître de cérémonie du sulfureux Kit Kat Club. « Le rôle n’était pas facile à endosser : il fallait lâcher beaucoup de choses, et trouver comment apporter ma patte sans jamais coller aux précédents Emcee. J’ai beaucoup bossé, et je me suis prouvé que je pouvais y arriver. Cela m’a fait un bien fou : peu à peu, j’ai retrouvé la confiance que j’avais perdue! « Cabaret » a été une expérience formidable. Et très enrichissante. »

C’est sûr, le soleil s’est enfin levé ! Les événements qui suivent vont vite le confirmer… Car c’est là que survient l’aventure « Danse avec les Stars ». Plus encore que sa victoire, Emmanuel se souviendra longtemps de sa rencontre artistique avec la danseuse Fauve Hautot. Et surtout de cet instant bouleversant quand – au deuxième prime – ils dansent ensemble sur « Sois tranquille ». « Participer à cette émission m’a reconnecté avec moi-même. J’ai eu l’impression de revivre, d’exister à nouveau aux yeux du métier. Et puis, se savoir choisi par le public, ça n’a pas de prix !… Quant à ce qui s’est passé autour de « Sois tranquille »… Je ne pensais pas pouvoir vivre un moment aussi fort ! Que cela se soit passé précisément sur cette chanson me bouleverse encore. Symboliquement c’était très fort ! Cette sale période se refermait enfin… Pour moi, il y a clairement eu un avant et un après « Danse avec les Stars » ! »

Trophée en poche, Emmanuel retrouve pleinement confiance. Plus rien ne l’empêche désormais de retrouver le chemin des studios. A nouvelle vie nouvelle équipe. Seul le complice de toujours, le parolier Yann Guillon, demeure à ses côtés : il signe l’ensemble des textes du « Chemin » tandis qu’Emmanuel en compose les musiques (il co-signe aussi les paroles de « Je ne sais rien » et « Le Jour »). « Vous ne serez pas surpris de savoir que les chansons les plus sombres ont été faites dans les moments difficiles. Des titres comme « La Vie ailleurs », « La Blessure », « Beau malheur », je n’aurais pas pu les faire aujourd’hui : je ne suis plus du tout dans cet état d’esprit. Les plus lumineuses, en revanche, l’ont été après « Danse avec les stars ». J’aurais été incapable de les écrire avant ! Au final, cela donne un album dense, certes. Mais il raconte beaucoup de mon cheminement. »

Mais si « Le Chemin » dit en effet énormément de la sinueuse route empruntée par Emmanuel Moire ces quatre dernières années, au final c’est d’amour avant tout dont nous parle cet album intimiste et infiniment délicat. De l’amour filial (« Vous deux », « Quatre vies »). De l’amour tout court (« Ne s’aimer que la nuit », « Venir voir », « Suffit mon amour »…). De l’estime de soi, aussi (« Mon possible », « Je ne sais rien », « La vie ici »…). « L’amour est dans toutes mes chansons, c’est vrai. C’est par lui que tout redémarre. En réapprenant à aimer, et à s’aimer soi-même, on entame sa reconstruction. Cela passe d’abord par là. Je le sais, c’est ce que j’ai vécu! »

« Le Chemin » marque donc l’éclatant renouveau d’un grand artiste qu’on retrouve là au sommet de son talent. Un vrai beau retour, fait de chansons bouleversantes ou plus enjouées selon les cas, mais toutes empruntes d’une même grande émotion, vraie et généreuse, sans tricherie, sans effets inutiles. « Enfin de retour, l’étincelle » chante Emmanuel Moire aux derniers instants de « La Vie ailleurs ». On ne saurait mieux dire…

LA PARENTHÈSE INATTENDUE…
(avec Catherine Jacob, Bruno Masure et Emmanuel Moire)
imaginée et présentée par Frédéric Lopez
Mercredi 19 Juin 2013

Frédéric Lopez (FL): Il a été Roi de France, il a joué Louis XIV… pour un garçon timide cela est assez étonnant. Aujourd’hui votre troisième album est en tête des ventes donc on pourrait penser qu’il n’y a eu que du succès… Mais la vie est pleine de hauts et de bas, de drames, de choses graves que vous avez traversées et donc j’imagine que vous appréciez tout ce que vous vivez aujourd’hui.

Emmanuel Moire (EM): Complètement, je savoure en tout cas. J’ai connu des phases très compliquées et j’aurais pu d’ailleurs jamais m’en remettre, je pense, et en fait aujourd’hui, oui, ça me permet d’avoir une espèce de petit recul sur la vie avec beaucoup de discernement et je savoure tout ce qui se passe.

RETOUR EN ENFANCE

FL: Avant de devenir le Roi Soleil, de faire des tubes et de vendre des albums, on va essayer de voir comment ça se passait… Vous grandissez au Mans…

EM: C’est ça, je suis né au Mans.

FL: Votre papa est antiquaire.

EM: A l’époque quand j’étais petit, il n’était pas antiquaire, même s’il s’intéressait déjà à la brocante et aux antiquités… Il était photographe.

FL: Votre maman est secrétaire, donc un milieu modeste.

EM: Oui, un milieu modeste… (sur la photo c’est ma grand-mère paternelle avec mon frère qui est sur la gauche et moi sur la droite).

FL: Vous êtes un enfant introverti.

EM: j’avais l’impression que j’étais différent sur pleins de points, dans la cour d’école, jouer avec un ballon, au foot… franchement cela ne m’intéressait pas du tout.

J’étais capté par quelque chose, par le fait d’apprendre, de m’enrichir, de me développer, de m’épanouir, très tôt.

J’étais un bon élève comme j’adorais apprendre, forcément donc déjà c’est un peu différent parce que la majorité des enfants, il y en a plein qui n’aiment pas travailler.

J’étais un peu considéré comme le bon élève, le ‘chouchou’ du prof, donc cela crée une deuxième partie qui n’est pas forcément agréable parce que les enfants sont quand même super violents…

Quand tu es petit tu ne te rends pas compte de l’importance d’une phrase, d’une situation,

ce n’était pas facile…

FL: Quand vous avez quatorze ans il y a le divorce de vos parents.

EM: Je n’en suis pas sûr… 14-15 ans, en fait cette période là du divorce de mes parents est très floue.

FL: Vous êtes adolescent, comment vous comprenez ?

EM: En fait je n’ai pas vu venir, en général il y a plein de familles qui se déchirent et ça devient comme une évidence, moi je ne l’ai pas vu venir du tout.

Il y a eu un truc un peu bizarre que j’ai senti déjà c’est que ma mère, avant cette annonce de ‘je vais quitter votre père’, est partie rejoindre sa mère dans le sud à St Raphaël. Je me souviens que l’on a été la chercher avec mon père et mon frère à la gare et qu’au retour ma mère n’a pas embrassé mon père sur la bouche… ça m’a fait: il se passe un truc très bizarre… On est rentré et deux heures après j’ai mon père qui nous appelle, on était dans les chambres là-haut : ‘descendez votre mère a quelque chose à vous dire’… Là tu sens que ça sent vraiment pas bon et ma mère nous dit : ‘voilà j’ai décidé de partir de la maison et de quitter votre père’. Et mon père ne contrôlait pas du tout ses émotions…

Je me souviens que c’était difficile pour lui. C’était une situation très particulière que je n’avais jamais vécue. Cet espèce d’affrontement entre mes parents. Ma mère qui essaye de gérer un peu la chose et mon père qui ne la gère pas du tout. Nous, deux enfants là, on ne comprenait pas vraiment ce qui se passait… Après c’était radical, ma mère est partie.

On est resté dans la maison de Famille avec mon père. On était trois mecs à la maison. Ma mère, on la voyait par épisodes, vraiment par épisodes.

FL: Vous l’avez vécu comment?

EM: En fait à l’époque j’avais le sentiment de l’avoir bien vécu parce que ça avait été, en parallèle avec, je me souviens d’une petite phrase de l’assistante sociale à qui je m’étais confié à l’école, je lui avais expliqué la situation et elle m’avait dit: ‘maintenant Emmanuel il va falloir être égoïste, c’est la relation entre vos parents, ça ne vous regarde pas, ça les regarde eux, c’est leur histoire d’amour’…

Et ça m’est resté car d’un coup je me suis dit: Moi je vais faire ma vie. Je ne parlais pas forcément de ce que j’avais envie de faire mais moi je me suis dit: je vais suivre ce que j’ai envie de faire par contre, mais vraiment. Je n’avais pas conscience de ça. Je me suis écouté depuis très tôt, je pense que je m’écoutais, j’écoutais mon intuition. J’étais un enfant, je n’avais pas envie de faire de concessions sur ce que je ressentais. Ca a été un long parcours parce que forcément le monde autour, rien ne t’encourage à suivre ton intuition.

FL: C’est à dire?

EM: Ben tout est raisonné… Tu es mauvais en maths alors tu vas faire du littéraire, t’es mauvais en sport, tu feras… Tout fonctionne par cases… L’intuition d’aller vers des disciplines artistiques, vers la chanson, vers la voix, vers le piano.

FL: A quel moment vous savez que vous chantez bien? Aujourd’hui c’est votre métier…

EM: C’était pas enfant… quand j’étais petit j’ai fait d’abord de la musique et j’ai commencé à faire mes propres chansons. En fait comme j’étais un enfant quand même assez introverti, assez timide, ma seule façon de m’exprimer c’était de faire des chansons.

FL: Là, vous faites la musique et les paroles?

EM: Oui, à l’époque c’était pas bien, c’était vraiment des petites chansons…

FL: Vous aviez quel âge?

EM: J’étais ado, j’avais 14-15 ans. Après, mon prof de musique, François Monfleur,  qui était très bienveillant, m’a vraiment aidé… Il a senti chez moi, et je sais qu’il le disait à mes parents: ‘qu’Emmanuel n’apprend pas juste à reproduire ce qui est sur une partition mais il crée déjà son propre truc à l’intérieur’… ça, ma mère me l’avait dit car elle en était fière.

FL: Et ça le fait qu’un adulte porte un regard bienveillant…

EM: C’est génial, pour moi c’était le bonheur: t’es attiré par quelqu’un qui est plus âgé que toi et en plus il te renvoie quelque chose de très positif sur ce que tu fais sans que tu en ais conscience… C’était Monsieur Monfleur…

FL: Il a un message pour vous…

EM:Moi je suis fasciné par les gens qui partagent leur savoir sans rien attendre en retour.

FL: Sauf qu’à l’époque où vous prenez des cours de chant vous voulez être prof d’histoire et géo…

EM: J’adorais apprendre et j’adorais me cultiver et je suis allé jusqu’à la Fac en géo parce que c’est ce qui m’attirait, il y avait les sciences humaines, t’es connecté à l’humain, à la démographie…

On a suivi son intuition…

Hymne à l’Amour…

«Le ciel bleu sur nous peut s´effondrer Et la terre peut bien s´écrouler Peu m´importe si tu m´aimes

Je me fous du monde entier, Tant qu´l´amour inond´ra mes matins

Tant que mon corps frémira sous tes mains, Peu m´importent les problèmes

Mon amour puisque tu m´aimes J´irais jusqu´au bout du monde

Je me ferais teindre en blonde Si tu me le demandais J´irais décrocher la lune J´irais voler la fortune

Si tu me le demandais Je renierais ma patrie Je renierais mes amis Si tu me le demandais

On peut bien rire de moi Je ferais n´importe quoi Si tu me le demandais

Si un jour la vie t´arrache à moi Si tu meurs que tu sois loin de moi

Peu m´importe si tu m´aimes Car moi je mourrai aussi

Nous aurons pour nous l´éternité dans le bleu de toute l´immensité

Dans le ciel plus de problèmes Mon amour crois-tu qu´on s´aime

Dieu réunit ceux qui s´aiment»  (Edith Piaf / Marguerite Monnot) 1950

PREMIERS EMOIS

FL: On a parlé de l’enfance, j’aimerais savoir quel genre d’adolescent vous étiez, il y a  des gens qui ont aimé leur adolescence et vous que diriez vous spontanément?

EM: Non pas moi… Pas une bonne période… parce que je pense que je me cherchais beaucoup lorsque j’étais ado et puis à l’époque moi je voulais rentrer dans les rangs, j’essayais de faire comme tout le monde, j’essayais de séduire les filles alors que, maintenant je le sais, c’était pas mon truc, mais que je l’ai fait. Comme j’étais timide je n’avais pas les armes pour… A l’école y’a des mecs c’est  des pros de la drague quand même! Moi ce n’était pas mon truc. Je pense que je me trompais, encore une fois, mais je ne le savais pas.

FL: Vous avez choisi il y a quelques années effectivement de faire votre Coming out…

EM: Ca n’a pas été une décision, ça s’est fait naturellement.

A l’époque le magazine Têtu m’avait contacté pour faire un papier sur mon disque et forcément ils allaient aussi me parler de ça et moi j’avais décidé de ne pas faire l’anguille, de ne pas mentir, et d’assumer pleinement qui j’étais.

Mais d’un coup, en plus, je sortais d’un projet sur le ‘Roi Soleil’ où je jouais le gendre idéal, et je me dis qu’il y a quelque chose qui cloche mais je pense que les gens le sentaient. Quand tu n’es pas toi-même et que tu joues un personnage, je pense qu’il y a quelque chose qui ne passe pas, y’a un truc qui bloque et je le sens aujourd’hui que c’est beaucoup plus facile pour moi d’être en relation avec les gens et même les gens d’être en relation avec moi parce qu’il n’y a pas de fossé, c’est plus authentique, c’est sincère.

LE DESTIN EN MARCHE

FL: Avant de jouer le Roi Soleil, avant de faire des albums qui cartonnent, vous avez été à l’Université après le Bac…

EM: Oui, j’étais un bon élève, effectivement j’ai eu un cursus assez classique, géographie, j’avais des modules d’histoire, j’ai passé un DEUG, je suis allé jusqu’à la licence mais je ne l’ai pas eue.

En même temps quand je suis rentré à la Fac je suis rentré dans le Choeur de l’Université du Maine comme Ténor.

Là, j’avoue que je suis donc passé un peu de l’autre côté. Je venais à la Fac étudier et en fait tous les mardis soirs on avait la Chorale. Et plus j’avançais à la Fac, moins j’allais aux cours, et plus j’allais à la Chorale.

FL: Vous viviez de quoi?

EM: Je fonctionnais par trois jours en général… J’ai fait trois jours dans un fast food et là au bout de trois jours c’était plus fort que moi… Je ne dis pas que c’est pas bien de travailler là-bas, c’est que moi je ne me sentais pas du tout en adéquation avec ça, je m’ennuyais, c’était ennuyeux…

Après j’ai fait trois jours en magasin de fringues… mais moi le côté où tu a une espèce de chiffre qui  te pend au dessus de la tête et que tu dois le réaliser dans le week-end…

FL: Votre Destin va basculer lors d’un stage et grâce à Francis Cabrel.

EM: J’avais entendu parler de ce stage qui s’appelle: ‘Les rencontres d’Astaffort’, donc là, comme un gosse, je n’avais pas vingt ans, j’y vais.

FL: Qu’est-ce-qu’il y a de nouveau donc?

EM: Tu passes dix jours avec des auteurs, des compositeurs, des interprètes, et le but est de faire des chansons pendant dix jours, donc ça c’est super quand même de n’avoir vraiment que ça à faire. Et pendant ce stage là, en fait, j’ai juste constaté que ce que je faisais depuis longtemps dans ma chambre, même si c’était assez intimiste, que c’était un vrai métier et ça a tout changé parce que je suis rentré, je me suis dit: c’est un vrai métier et ce sera le mien.

Donc j’ai commencé à répondre aux annonces de casting de comédies musicales qui étaient à l’époque un peu le tout début avec la mode après ‘Notre Dame de Paris’.

J’ai été au deuxième casting de ‘Autant en emporte le vent’ mais recalé.

FL: Comment le vit-on ce moment là?

EM: La première fois où j’ai été recalé je crois que je l’ai très mal vécu, le premier c’était ‘Belles, Belles, Belles’, un truc comme ça… Je l’ai très mal vécu parce que c’était mon premier casting et que ce n’était pas dans ma ville, j’avais pris le train, le métro, je me retrouve dans une ville qui est immense avec des rêves pleins la tête et d’un coup tu te retrouves face à la réalité de ce métier. Un casting quand tu y vas, tu as un numéro, au début j’étais là mais dans la file d’attente, j’ai dû me dire quinze mille fois: ça sert à rien, qu’est-ce-que je fous là? de toute façon ce n’est pas pour moi, je ne vais pas y arriver…

FL: Au point d’abandonner totalement?

EM: Non, non…

FL: Un jour vous faites une rencontre, que s’est-il passé?

EM: J’ai rencontré Bruno Berberes qui est un directeur de casting et c’est vrai que je l’ai rencontré la première fois sur le casting du ‘Graal’, c’était un projet de Catherine Lara qui ne s’est pas fait sur scène mais juste en cd… A l’époque j’ai passé le casting: recalé…

Et un an après, Berberes me recontacte directement pour me dire qu’il y avait le casting d’un nouveau spectacle qui se montait, c’était donc le Roi Soleil. Là je passe le casting avec une chanson imposée et une chanson de notre choix (j’avais chanté Marguerite de Richard Cocciante).

Il se passe un truc assez fort: d’un coup les lumières de la salle s’allument, je constate qu’il y a tous les intervenants du spectacle c’est à dire: Dove Attia et Albert Cohen, les producteurs , Bruno Berberes forcément, Kamel Ouali chorégraphe. C’était assez impressionnant et je commence à discuter avec Kamel qui me demande par exemple si j’ai déjà dansé… J’ai senti qu’il s’était passé quelque chose, il me remercie, je sors. On était cinq ou six pour le rôle. Je rentre chez moi au Mans puis je reçois ‘Etre à la hauteur’… ‘Etre à la hauteur de ce qu’on vous demande, ce que les autres attendent et surmonter sa peur…’ ça me parlait à 10 000 % car je sentais qu’ au delà de la chanson du spectacle, j’avais le sentiment que je parlais de moi.

FL: Comment on vous annonce que vous êtes pris alors?

EM: L’annonce était assez drôle, je m’en souviens c’était le 31 Juillet 2004, on était dans les appartements de Dove à la terrasse… Il y avait une sorte de mini jeu avec ceux qui étaient réellement pris: ‘la troupe des 7’ et sept autres personnes qui étaient des danseurs, des comédiens.

Mais il nous a fait croire que l’on était encore deux par rôle. Avec le recul c’était improbable.

J’étais assez fragile pour vivre tout ça, je me sentais pas centré, pas assez fort, j’étais tout le temps en train de m’inférioriser.

J’ai adoré cette période, j’ai appris pendant cette période bien sûr mon métier mais surtout c’était mes premières expériences de télé, de radio, de presse, avec tout ça, avec ce projet, j’ai appris une autre partie de mon métier, c’est à dire savoir aussi parler de ce que tu fais.

FL: On vous a laissé tout à l’heure dans le récit au moment où la comédie musicale le Roi Soleil allait commencer: énorme succès, c’est brutal j’imagine non?

EM: Au début j’étais pétrifié parce que je me sentais rarement à l’aise, je ne savais pas ce qu’il fallait que je dise, que je cache, je me posais beaucoup de questions. J’avais 24 ans…

FL: Et puis se produire sur scène au Palais des Sports, parmi les images qui vous viennent là tout de suite?

EM: J’ai pleins de moments, je me souviens qu’au Palais des Sports il y a avait le début du spectacle mais moi j’arrivais un quart d’heure après avec une entrée ‘Etre à la hauteur’. J’arrivais juste

FL: Une entrée de pop Star…

EM: C’est une grosse entrée, ce n’était pas rien et je me prenais toute la salle, ça s’était super fort au début tous les soirs.

FL: Et puis un soir vos parents sont venus vous voir…

EM: (ému de découvrir un extrait vidéo en backstage) Je sens beaucoup de fierté de la part de

mes parents même encore aujourd’hui, c’est fort non?

FL: Votre premier albm solo est disque d’or. Donc là on est en pleine gloire, on a l’impresion que tout va bien pour vous et pourtant les années qui vont suivre vont vous amener à vivre, à traverser des épreuves professionnelles et privées.

EM: Effectivement, après il y a eu le premier album, le deuxième album «L’Equilibre» et pendant la création de ce disque mon frère jumeau Nicolas a eu un accident de voiture. Il s’est retouvé à l’Hôpital, ils l’ont mis dans le coma artificiel, il était mort cliniquement, là-haut c’était fini…

Donc en fait on a fait le choix avec mes parents de le laisser partir plutôt que d’essayer de le maintenir en vie et le récupérer on ne sait pas qui ou quoi… donc voilà mon frère est parti le 29 Janvier 2009… Je pense que cette année-là j’ai survécu.

C’est à dire j’étais en mode boulot, je me souviens que ma maison de disques à l’époque m’avait dit: est-ce que tu veux qu’on décale la sortie de ton disque prévue quelques mois après en avril… Non si on annule ça je crève.

FL: Vous avez vécu un événement professionnel que vous n’attendiez pas: vous êtes viré de la maison de disques…

EM: En 2011 effectivement, donc deux ans après, je travaillais sur un troisième disque et là le directeur de la maison de disques m’appelle et me dit: ‘on va s’arrêter là’ et bla bla…avec des statistiques de chiffres… ça s’est passé en un quart d’heure au téléphone après six ans de travail.

J’estime qu’il y a un truc, une limite qui a été franchie.

Avec le recul je me dis: Merci de m’avoir rendu mon contrat car je suis très heureux de ne plus travailler avec des gens qui ne sont pas capables de me recevoir dans un bureau pour te dire que c’est terminé. Sincèrement c’était une grosse période de merde.

FL: Et le nouveau cycle a recommencé avec ‘Cabaret’, et la il y a un homme que vous avez déjà croisé…

EM: C’est ça qui est magique dans la vie en fait, c’est que la vie elle peut te faire comprendre que c’est pas le bon moment de vivre des choses et puis après elle te fait comprendre que d’un coup il y a quelque chose qui redémarre. Effectivement Bruno Berberes qui m’avait déjà casté sur le Roi Soleil quelques années avant, m’appelle dix jours après que l’on m’ait rendu mon contrat, il me dit: ‘Manu, il y a Stage Entertainment qui sont des producteurs de ‘Musical’ en France qui veulent remonter ‘Cabaret’ qu’ils avaient déjà monté aux Folies Bergères, ils veulent remonter ‘Cabaret’ à Marigny et voudraient trouver un nouveau Emcee, donc il y a un casting qui va se faire, est-ce que ça t’intéresse?’

FL: Il fait partie des humains qui sont là pour veiller sur vous…

EM: C’est plus que veiller sur moi, Bruno a mis souvent la main à la patte. C’est vrai que je n’y aurai jamais pensé, jamais de moi-même j’aurais été faire ce casting.

FL: La dernière expérience dont je voulais parler parce qu’il y a eu des millions et des millions de téléspectateurs qui vous ont regardé, c’est que vous avez choisi de participer à l’émission ‘Danse avec les Stars’, donc c’est intéressant pour tous ceux qui pensaient que vous étiez mort, c’est le public qui vote, c’est le public qui vous choisit. Comment avez vous vécu cette victoire?

EM: Je n’avais aucune prétention de victoire. Ce dont je suis le plus fier dans ce projet c’est que c’est la première fois à la télé que j’étais simplement moi-même. Dans ma vie j’ai l’impression que pour la première fois les gens m’ont choisi avec tout ce que je comporte: mes différences, mes ressemblances, ça fait beaucoup de bien.

FL: Un jour on vous demande de choisir une chanson sur laquelle vous allez danser et vous choisissez une chanson que vous avez écrite après la disparition de votre frère: ‘Sois tranquille’.

EM: J’ai l’impression même que ça a été nécessaire pour moi pour peut-être clôturer ce deuil, de le vivre devant tout le monde.

FL: C’était très intime mais universel… Charly Chaplin disait: ‘Tout ce qui est personnel est universel’ et vous vivez dans la lumière.

La Foule

« Je revois la ville en fête et en délire, Suffoquant sous le soleil et sous la joie, Et j´entends dans la musique les cris, les rires qui éclatent et rebondissent autour de moi, Et perdue parmi ces gens qui me bousculent Étourdie, désemparée, je reste là quand soudain, je me retourne, il se recule,

Et la foule vient me jeter entre ses bras…

Emportés par la foule qui nous traîne, nous entraîne écrasés l´un contre l´autre nous ne formons

qu´un seul corps, Et le flot sans effort nous pousse, enchaînés l´un et l´autre et nous laisse tous deux

épanouis, enivrés et heureux.

Entraînés par la foule qui s´élance et qui danse une folle farandole, Nos deux mains restent soudées

Et parfois soulevés nos deux corps enlacés s´envolent et retombent tous deux épanouis, enivrés et heureux, Et la joie éclaboussée par son sourire me transperce et rejaillit au fond de moi

Mais soudain je pousse un cri parmi les rires Quand la foule vient l´arracher d´entre mes bras

Emportés par la foule qui nous traîne, nous entraîne… »(‘Amor de mis amores’ : adaptation française par Michel Rivgauche sur une musique de Angel Cabral) 1957

POSTAMBULE

FL: Je voudrais savoir comment vous avez vécu ces 24 heures?

EM: Je m’attendais à ça mais c’est encore mieux. C’est super intéressant d’avoir trois parcours de personnes très différentes et de se rendre compte qu’en fait il y a des points communs.

FL: Si l’on considère que la vie est une somme d’expériences, qu’est-ce que la vie vous a appris que vous ne saviez pas il y a dix ans , vingt ans, qu’est-ce que la vie vous a appris et que vous aimez transmettre?

EM: Tout reste toujours possible en fait… On parlait d’intuition de suivre ce que tu sens au fond de toi et il y a des gens autour qui ont toujours des conseils censés de te dire de faire ou de ne pas faire.

En fait, je crois que c’est bien de temps en temps de ne pas écouter tout ça, de sortir des sentiers.

Après ce que j’ai vraiment appris c’est la façon de se positionner face aux évènements, face aux gens. En général on a un système de penser qui est toujours plus négatif que positif.

On est toujours en train de se dire parfois qu’on n’est pas capable de faire ces choses là, de considérer qu’on est un peu parfois notre pire ennemi, je trouve, et que l’on peut très vite se faire chuter alors que l’on a aussi la force de s’élever tout seul, je pense.

FL: Le pire ennemi c’est quoi, c’est dans le jugement permanent, les peurs?

EM: La façon de penser, les peurs, les angoisses, les inquiétudes qui nous bouffent. C’est vrai que récemment j’ai décidé de m’en débarrasser, j’en veux plus, j’ai plus envie de flipper pour tout. Ce n’est plus mon moteur. Ils sont tous flippés. C’est aussi le flip des gens autour. Dans nos métiers on est sans arrêt confronté à des gens qui ont peur et d’autres qui te vomissent leurs inquiétudes…

FL: Celui qui ne risque pas de se plaindre c’est Emmanuel Moire, son dernier album ‘Le chemin’ est en tête des ventes, le single s’appelle ‘Beau malheur’, là où on voit la fidélité c’est que dans le clip il y a votre partenaire Fauve Hautot et la mise en scène et de Marie-Claude Pietragalla…

EM: J’adore les rencontres dans ce métier et tu ne fais jamais des rencontres par hasard. J’avais envie de travailler avec elles. C’était une envie spontanée.

J’ai vécu la parenthèse inattendue que j’espérais

Merci à tous les trois

Emmanuel

MERCI à toi pour cette Parenthèse tant attendue…

EM Famille